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Alors
qu'on attendait B-real de Cypress Hill et son débit de sulfateuse
ou Rey Oropeza et ses cordes vocales les plus aiguisées de l'ouest,
à la stupeur générale, c'est Chris Cornell l'ex
leader de Soundgarden qui remplacera Zack De La Rocha au sein du nouveau
projet de Tom Morello, Tim Commeford et Brad Wilk. Pas si étonnant
que ça lorsqu'on connaît l'intérêt que portent
ses derniers au rock'n roll des seventies. Cependant, même si
le casting est prestigieux et même si cet album est un des évènements
majeurs de l'année, les épisodes qui ont suivis l'enregistrement
ont sûrement porter atteinte à l'image forte des anciens
RATM et les passages de témoin entre une fusion radicale et une
inspiration plus rock en décevra sûrement lors de la première
écoute. Rage est mort, vive Audioslave
Premier satisfaction à la vue de la pochette non pas pour son
esthétique mais parce qu'elle ne rappelle ni l'univers de Soundgarden,
ni le design très brute de Rage. A première vue l'addition
pure et simple des styles tant redoutée n'est donc pas à
craindre.
Pas si évident que ça, car lors de l'écoute se
dévoile une composition proche de RATM, avec des riffs assassins
d'une lourdeur incomparable le tout doublé des inspirations géniales
de Tom Morello et d'une section rythmique toujours aussi précise
et présente.
L'aspect " rock " du groupe qui n'était pas mis en
avant précédemment au profit d'une hargne sans comparaison
est désormais démultiplié par le chant angélique
de Chris Cornell qui fera sourire vos parents tant Audioslave s'approche
à certains moments de Led Zeppelin. Il apporte d'ailleurs à
cet album une certaine intimité mystique se substituant à
la prose revendicatrice de Zack De La Rocha. A noter, les ballades très
folk mettant en scène Tom Morello avec une guitare sèche
comme sur le très émouvant " Like a stone "
(comme quoi tout arrive). L'ensemble des titres est assez homogène,
si ce n'est pour " Hypnotize " proche de U2 mode eighties
ou pour " The Last Remaining Light " (meilleur morceau de
l'album à mon sens) qui met en valeur la qualité mélodique
vocale de Chris Cornell. Audioslave est un album indispensable tant
la composition est riche et fine alliant la rigueur du rock'n roll made
in Rage à la délicatesse de " l'homme qui a vue Dieu
", avis aux experts ...
Kronik
par Didi
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